DEMI-JOURNÉE 2018

 

 

Tous victimes..

 

                                         Quelle Histoire ? 

                     

                          quelle histoire !

Au commencement était le sacrifice d’Abraham : à l’origine la victime relevait du sacré. Elle désignait un animal ou un homme sacrifié à une divinité.


Chacun s’inscrit dans la grande Histoire : génocides, esclavage guerres, totalitarisme, colonisation, et dans l’histoire familiale avec ses crises, ses violences, ses abus éventuels. La clinique nous laisse entendre que chacun, chacune, trouve une réponse singulière à ces traumatismes transmis par les générations précédentes et, ou, aux situations vécues.

Il est important que le traumatisme soit reconnu pour que le sujet puisse subjectiver son vécu et construire son devenir sans être enfermé dans un rôle de victime.
Mettre une personne en sécurité, la protéger, ne doit pas la réduire à son vécu de souffrance. Dans notre société consumériste, le statut de victime est valorisé, voire idéalisé. Ce statut, du fait du traumatisme subi, suscite l’empathie, la reconnaissance sociale et parfois la réparation.

Se plaindre des inégalités sociales dérange... par contre la société, voulant se montrer humaine, ne se dédouane-t-elle pas en accourant auprès des victimes ?
Les victimes seraient-elles devenues les héros des temps modernes ?

Qu’il s’agisse d’un accident ferroviaire, d’un licenciement, de femmes battues ou d’enfants victimes d’abus, toutes les personnes concernées s’inscrivent sous la bannière de la victime or le traumatisme n’induit pas nécessairement le statut de victime.

Pris par le danger éventuel, par le récit, n’oublions pas un peu vite qu’il s’agit d’un sujet singulier qui cherche à se faire entendre, acteur de son histoire et qui se positionne de façon particulière. Face à un événement, différentes lectures du traumatisme sont possibles,le même événement n’ayant pas les mêmes effets sur les personnes qui le subissent.

Le système politique, les pressions managériales de l’évaluation ne nous conduisent-ils pas à nous prémunir contre les pressions administratives et judiciaires au détriment de la réflexion à mener avant d’agir ? Sommes-nous condamnés à subir, à obéir ?

Comment mettre en commun, là où chacun y va de sa responsabilité ?